À propos de l'œuvre
Présentant une vision envoûtante des toits, cette œuvre nous offre des nuances de vert et de marron, évoquant une palette naturelle dans un environnement transformé par l’homme – une teinte verte à laquelle l’artiste reviendra à la fin de sa carrière. Loin des paysages urbains envahis par une foule en mouvement, le choix de montrer la partie supérieure et inhabitée de la ville révèle une certaine tranquillité. Deux personnages, cependant, trônent sur ces toits, plongés dans l’action contemplative consistant à scruter le ciel et l’horizon. Cette sérénité est toutefois troublée par un ciel orageux. Bien que l’œuvre soit fondamentalement figurative, on y perçoit déjà les prémices du cubisme, une pratique artistique que Youla Chapoval a explorée sous l’influence de son ami Picasso dès 1946. L’influence croissante de ce mouvement artistique se manifeste dans la géométrisation du paysage, qui se prête particulièrement bien à la représentation des toits.
Avis de l'expert
Avant de se tourner vers le cubisme puis vers l'abstraction, Youla Chapoval a réalisé des œuvres figuratives ; cette œuvre est caractéristique de cette période de l'artiste. Son œuvre s'inscrit dans le courant de la Seconde École de Paris, dont il s'est imposé comme l'une des figures de proue. Il est important de noter que cette œuvre figure dans le catalogue raisonné de l'artiste (n° 45) établi par Evelyne et Marie-Laure Moisset.
À propos de l'artiste
Né en 1919 à Kiev (Ukraine), Youla Chapoval est un artiste de la Seconde École de Paris, décédé en 1951. Il s'installe à Paris en 1938, où il rencontre de nombreux artistes dont Picasso, Jean Cocteau et Jean Degottex. Il travaille à la Grande Chaumière, dans le quartier de Montparnasse, et peint dans un style figuratif. En 1942, en raison de sa judéité, Youla Chapoval se réfugie à Marseille, où il suit quelques cours à l'École des beaux-arts. Après un bref séjour à Toulouse, il revient à Paris en 1944, où son œuvre connaît un grand succès. Ses tableaux sont achetés par des personnalités telles que Georges Pompidou et Albert Camus, jusqu'à ce qu'il rencontre Henri Benezit, un marchand qui lui achète une vingtaine de tableaux en 1946. L'année suivante, il remporte le 2e prix du Carrefour de la Jeune Peinture et est honoré par la galerie Jeanne Bucher. Dès lors, sa peinture devient totalement abstraite et, en 1949, il reçoit le prix Kandinsky de la galerie Denise René, qui lui consacre une exposition en 1950.
Informations complémentaires
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