À propos de l’oeuvre: Cette œuvre intitulée Universal Personhood Lisbon, réalisée en 2018 par Shepard Fairey en collaboration avec Vhils, se présente comme une sérigraphie qui traduit la rencontre de deux langages artistiques majeurs de la scène contemporaine. La composition s’organise autour d’un paysage urbain photographique en noir et blanc, représentant une rue lisboète, sur lequel vient s’inscrire une intervention monumentale mêlant portrait et graphisme. Le visage féminin, au centre de l’image, est traité selon une dualité caractéristique de cette collaboration, d’un côté l’esthétique graphique et ornementale de Shepard Fairey avec ses aplats rouges et ses motifs stylisés, de l’autre la texture érodée et fragmentée propre au travail de Vhils, évoquant ses techniques de sculpture murale. Cette superposition crée une tension visuelle entre construction et destruction, surface et profondeur, image imprimée et matière altérée. L’ensemble est structuré par une palette contrastée où le rouge, le noir et le beige dominent, conférant à l’œuvre une forte présence visuelle et symbolique. Le tirage, limité à 450 exemplaires et ici numéroté 110, s’inscrit dans une volonté de diffusion large tout en conservant une dimension de rareté propre au marché de l’estampe contemporaine.
À propos de l’artiste: La collaboration entre Vhils et Shepard Fairey réunit deux figures majeures de l’art urbain contemporain, dont les pratiques, bien que distinctes, partagent une même volonté d’interroger l’image, la mémoire et l’espace public. Vhils, artiste portugais révélé au début des années 2000, s’est imposé par une approche unique consistant à sculpter les murs plutôt qu’à les recouvrir. À travers des techniques d’excavation, de gravure ou d’érosion, il révèle des visages et des strates cachées dans les surfaces urbaines, questionnant la mémoire des lieux et les traces laissées par le temps. Son travail met en lumière les tensions entre construction et destruction, visibilité et effacement, dans un dialogue constant avec l’histoire sociale des villes. Shepard Fairey, quant à lui, est l’une des figures les plus influentes du street art et du graphisme contemporain. Connu pour son projet OBEY et pour ses images puissamment stylisées, il développe depuis la fin des années 1980 une esthétique inspirée de la propagande politique, du design graphique et de l’imagerie populaire. Son œuvre, souvent engagée, aborde des thématiques sociales, environnementales et politiques, en combinant impact visuel et message direct. La rencontre entre ces deux artistes est particulièrement pertinente, car elle met en dialogue deux approches complémentaires de l’image. Vhils travaille dans la profondeur, révélant l’image par soustraction et par altération de la matière, tandis que Shepard Fairey construit des surfaces graphiques fortes, structurées et immédiatement lisibles. Dans leurs collaborations, ces deux langages fusionnent pour créer des œuvres où la dimension sculpturale et texturée de Vhils se mêle à la puissance visuelle et iconique de Fairey. Ce dialogue entre matière et image, entre érosion et construction graphique, reflète une évolution du street art vers des pratiques hybrides, capables d’intégrer différentes techniques et traditions visuelles. Leur collaboration illustre ainsi la manière dont les artistes issus de cette scène continuent de renouveler leurs approches en croisant leurs univers, tout en affirmant la place du street art dans le champ de l’art contemporain.
Avis de l’expert: Cette œuvre constitue un exemple particulièrement pertinent de la collaboration entre Shepard Fairey et Vhils, deux artistes dont les pratiques complémentaires ont marqué l’évolution du street art vers des formes hybrides. L’association entre l’approche graphique, directe et engagée de Fairey et le travail de la matière, de la mémoire et de l’effacement propre à Vhils confère à cette pièce une richesse visuelle et conceptuelle notable. La composition, qui intègre un environnement urbain réel à une intervention artistique fictive, témoigne d’une réflexion sur la place de l’image dans l’espace public et sur la manière dont les identités individuelles s’inscrivent dans le tissu des villes. Sur le plan du marché, les collaborations entre ces deux artistes bénéficient d’un intérêt soutenu, en particulier pour des éditions datées de la fin des années 2010, période de reconnaissance internationale accrue pour chacun d’eux. La qualité d’impression et la limitation à 450 exemplaires participent à la structuration de la valeur de l’œuvre. L’état de conservation semble satisfaisant au regard des images fournies, bien qu’un examen direct soit recommandé pour confirmer l’intégrité du papier et des marges. Cette pièce présente ainsi un intérêt certain pour des collectionneurs sensibles aux croisements entre art urbain, photographie et estampe contemporaine.