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Kambiz Sabri

Red Dive

2006

Fibre de verre

55 × 42 × 32 cm

Ed. 1/2

Localisation : London, Royaume-Uni

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5 000 € 5000.0 EUR 5 000 €

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À propos de l'œuvre

Dans cette œuvre saisissante intitulée *Red Dive*, Kambiz Sabri transforme un téléviseur en sculpture critique, faisant d’un objet du quotidien une métaphore violente de la société de l’image. L’écran, habituellement ouvert sur le monde, devient ici la gueule béante d’un abîme dans lequel plongent tête la première des silhouettes humaines monochromes peintes en rouge vif. Ces figures miniatures, absorbées par la caméra, symbolisent une humanité prise dans le flux hypnotique des médias et la consommation frénétique d’images. La télévision, autrefois vecteur d’information et de cohésion collective, se transforme en instrument d’aliénation : un autel moderne sur lequel la conscience critique est sacrifiée. Le choix du rouge par Sabri renforce l’intensité dramatique de la scène : couleur du danger, du pouvoir et de la passion, il évoque autant la séduction que la destruction. Les corps, identiques et dépourvus d’individualité, semblent réduits à des marionnettes figées dans une chute infinie, métaphore d’un monde où les individus deviennent des spectateurs passifs, engloutis par le spectacle de leur propre impuissance.

Avis de l'expert

« Red Dive » illustre avec une force symbolique remarquable la capacité de Kambiz Sabri à établir un dialogue entre la critique sociale et l’esthétique pop. L’artiste, formé à la fois à la sculpture et au design industriel, exploite la matérialité d’un objet technologique pour en inverser la fonction : la télévision ne projette plus d’images, elle les absorbe, et avec elles, ses téléspectateurs. Ce renversement visuel et conceptuel reflète la lucidité de Sabri face à une modernité saturée de communication mais dépourvue de sens. L’œuvre témoigne également de sa fascination pour les paradoxes du monde contemporain : la beauté plastique de ce rouge éclatant contraste avec la violence implicite du geste. Derrière son ironie apparente, Red Dive met en lumière une préoccupation existentielle, celle d’une humanité qui, dans son désir d’être connectée, se perd dans un vide d’images. Ici, Sabri revient aux grandes questions de l’art postmoderne : comment représenter une société dans laquelle la technologie façonne non seulement notre regard, mais notre être même ? Avec cette sculpture à la fois ludique et critique, il érige un monument au vertige de la modernité médiatique.

À propos de l'artiste

Kambiz Sabri (né en 1967 à Kashan, en Iran) est un sculpteur et artiste plasticien iranien dont la pratique explore la relation entre l’espace, l’architecture et la perception. Né à Kashan le 18 avril 1967 et ayant grandi à Shahroud, il s’est découvert très jeune une passion pour le dessin et la peinture à l’Institut pour le développement intellectuel des enfants et des jeunes adultes, où il a suivi sa première formation artistique. D'abord attiré par la médecine, il s'installe à Téhéran après avoir échoué à l'examen d'entrée, où sa rencontre décisive avec le professeur d'architecture Abdolhossein Pazouki l'oriente vers le design et la création. Cette période marque un tournant décisif dans sa vocation artistique, éveillant en lui un intérêt profond pour la sculpture et les formes tridimensionnelles. Titulaire d’un diplôme en sculpture et design industriel (1996-2001) et d’un master en design graphique (2004-2007) de la Faculté des Beaux-Arts de l’Université de Téhéran, Sabri a développé une œuvre alliant rigueur conceptuelle et liberté formelle. Son travail a été présenté lors de plusieurs événements internationaux prestigieux, notamment la Biennale d’architecture de Venise (2016), le Festival d’art de Sharjah (2018-2019), la Biennale d’art contemporain de Florence (2013), ainsi que lors de plusieurs éditions des Biennales iraniennes de sculpture contemporaine et d’espace urbain au Musée d’art contemporain de Téhéran. Il a également exposé à Art Dubai, Art Paris, à la galerie Taiss (Paris), à la galerie ARTSPACE (Londres) et à la galerie 1×1 (Dubaï). Artiste aux multiples facettes, Kambiz Sabri interroge les frontières entre l’art, le design et l’urbanisme. Ses sculptures, souvent monumentales, reflètent une fascination pour la structure et la matérialité, tout en intégrant une dimension poétique et critique sur la modernité, la mémoire et la transformation de l’espace public. Au fil de sa carrière et grâce à sa vision, il s’est imposé comme l’une des figures de proue de la sculpture contemporaine iranienne, capable de relier la tradition plastique de son pays à un dialogue international sur la forme et la matière.

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