À propos de l’œuvre : Réalisée en 1969, cette lithographie s’inscrit dans une période de grande intensité picturale chez Zao Wou-Ki. L’œuvre se structure autour d’un vaste champ orangé incandescent, traversé de fulgurances sombres et de lignes nerveuses qui semblent jaillir du centre de la composition. La tension chromatique entre l’orange vibrant, les noirs profonds et les tonalités brunes crée un espace en mouvement, presque tellurique. Les gestes larges, balayés, dialoguent avec des tracés plus incisifs, proches de l’écriture. Cette dynamique évoque à la fois un paysage intérieur et une énergie cosmique, caractéristique du langage abstrait de l’artiste à la fin des années 1960. Imprimée sur papier Rives, cette lithographie conserve une grande richesse de matière et une profondeur tonale remarquable, traduisant avec finesse la puissance gestuelle propre à Zao Wou-Ki.
À propos de l’artiste : Né en 1920 à Beijing (Chine) et décédé en 2013, Zao Wou-Ki apprend dès son plus jeune âge à dessiner les caractères de l’alphabet chinois, base de la calligraphie. Puis, il entre à 15 ans aux Beaux-Arts de Hangzhou (Chine). Devenu professeur, il tient sa première exposition personnelle marquée par les influences françaises de Cézanne, Matisse et Picasso en 1941. À la fin des années 40, il se rend à Paris poussé par l'attaché culturel de l'ambassade de France en Chine et s’y installe pour terminer ses études artistiques. Devenu ami avec Pierre Soulages, Hans Hartung, Sam Francis ou encore Joan Mitchell, l’artiste chinois s’entoure des plus grands de son temps. Il découvre la lithographie et l’abstraction dans les années 1950 et marque un tournant dans sa carrière, il “vise une nouvelle écriture imaginaire et indéchiffrable”. Aujourd'hui considéré comme l’un des plus grands artistes du XXe siècle, Zao Wou-Ki est exposé dans les plus grands musées (Musée d’Art Moderne, Paris ; Tate Museum, Londres ; The Metropolitan Museum of Art, New York…) et dispose suite à son décès de sa propre salle au Bridgestone Museum of Art (Japon). Il réalise aujourd’hui des records de vente dans les plus prestigieuses maisons de ventes aux enchères ($65 millions, Sotheby’s Hong Kong, 2018).
Avis de l’expert : La fin des années 1960 constitue un moment clé dans la trajectoire de Zao Wou-Ki. Son abstraction atteint alors une maturité formelle où l’équilibre entre spontanéité gestuelle et construction spatiale est pleinement maîtrisé. Les lithographies de cette période sont particulièrement recherchées, car elles traduisent avec précision l’intensité de son œuvre peinte tout en restant produites en éditions limitées. Le tirage à 95 exemplaires s’inscrit dans des standards raisonnables pour l’époque, et la présence de la signature au crayon ainsi que de la justification manuscrite renforce la qualité éditoriale de l’œuvre. Sur le marché, les estampes des années 1960 bénéficient d’un intérêt soutenu, notamment celles présentant une forte densité chromatique et une énergie gestuelle affirmée, comme ici. Cette œuvre se situe dans une phase stylistique cohérente et identifiable, ce qui constitue un atout pour les collectionneurs recherchant des pièces représentatives de la période la plus dynamique de l’artiste.