À propos de l’œuvre : Panacea Phantastica (2003) est une œuvre emblématique d'Adriana Varejão, composée de carreaux de céramique (azulejos) sérigraphiés, représentant un ensemble de plantes aux propriétés hallucinogènes issues de différentes régions du monde. Présentée ici comme une œuvre unique, neuve, jamais installée et conservée dans sa boîte d'origine, elle témoigne de l'intérêt de l'artiste pour les croisements entre histoire, science, botanique et culture. Les motifs, d'une grande précision graphique, évoquent les planches d'anciens atlas botaniques et scientifiques. La surface blanche, régulière et modulaire des azulejos contraste avec la richesse symbolique des images, créant une tension entre ordre et altération, rationalité et expérience sensorielle. Le titre de l'œuvre fait référence à l'idée d'un remède universel, reliant la puissance supposée des plantes à celle de l'art, capable d'élargir notre perception de la réalité.
À propos de l’artiste : Née en 1964 à Rio de Janeiro, Adriana Varejão est l'une des artistes contemporaines brésiliennes les plus reconnues sur la scène internationale. Son œuvre explore de manière critique l'histoire coloniale, les rapports de pouvoir, la construction culturelle et la mémoire du corps, en croisant peinture, sculpture, installation et azulejos. S'inspirant de l'architecture baroque, de l'art portugais, de la cartographie et de l'histoire du Brésil, Varejão développe un langage visuel puissant où la surface picturale semble se fissurer, révéler des strates de chair, de violence et d'histoire enfouie. Les motifs décoratifs deviennent ainsi des vecteurs de réflexion sur l'identité, le métissage et les héritages postcoloniaux. Son travail a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles dans des institutions majeures et figure dans les collections de musées internationaux de premier plan. Adriana Varejão vit et travaille à Rio de Janeiro.
Avis de l’expert : Panacea Phantastica constitue une œuvre particulièrement représentative de la pratique d'Adriana Varejão, où l'azulejo devient à la fois support esthétique, référence historique et outil critique. Par son caractère modulaire et architectural, l'œuvre peut s'inscrire aussi bien dans un espace d'exposition que dans un contexte privé, tout en conservant une forte charge conceptuelle. Le fait que l'œuvre soit unique, non installée et conservée dans son état d'origine renforce considérablement son intérêt pour les collectionneurs. Elle s'inscrit dans une série et un corpus largement institutionnalisés, notamment visibles au sein de collections muséales majeures comme l'Instituto Inhotim, ce qui en fait une pièce de référence à la fois sur le plan artistique et patrimonial.